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Maître boulanger-pâtissier Mahaux.

Boulangerie MahauxMaître boulanger-pâtissier Mahaux

rue de l'Entraide 4 à 6698 Grand-Halleux

TEl: 080/216.538

Depuis le début du projet, en 1929, nous nous approvisionnons en pain chez les boulangers Mahaux. Mme Monique Mahaux parle d’une vieille publicité qui en fait état : “fournisseurs au château de Farnières”. Il existe plusieurs photos où l’on voit la famille alignée devant le camion de livraison ou devant la voiture familiale, sur la cour devant le château.

Après Joseph et son épouse Maria Dardenne, après Ephrem, c’est maintenant Monique Mahaux et son époux Etienne Marmoy qui font vivre la boulangerie. Les hôtes de Farnières apprécient le pain blanc bien cuit et ferme, le pain de seigle, et, bien sûr, les tartes à la crème, spécialité de la maison.

Ephrem Louis Joseph Mahaux, né à Grand-Halleux le 9 janvier 1928, fut élève à l’école d’horticulture de Farnières, à l’âge de 14 ans. Il y fut inscrit sous le n° 39 le 10 septembre 1942. Il y est resté trois ans. Le registre signale qu’il a été évacué le 20 décembre 1944, et qu’il est rentré le 18 mars 1945. Son frère Jean précise qu’il était parti à vélo avec un camarade. Ephrem a été président de l’association des anciens élèves de l’école durant de nombreuses années. Dès l’âge de 17 ans, il s’est initié au métier en travaillant avec son père avant de créer sa propre boulangerie, d’abord à Basse Bodeux, avant de reprendre la boulangerie paternelle qu’il a dirigée pendant plus de 40 ans.

Durant l’offensive de von Rundstedt, la famille Mahaux s’est réfugiée à Farnières. Elle occupait la petite maison au coin de la ferme, que l’on a appelé aussi “maison Georges”. Elle s’est mise aussitôt au service des réfugiés. La chronique du 23 décembre 1944 note que “les demoiselles Mahaux s’offrent bénévolement pour faire la cuisine pour les réfugiés”. Marthe était aux casseroles et Marguerite s’occupait de la distribution de la nourriture. La chronique du 2 janvier 1945 raconte un épisode qui a paru cocasse en ces temps dramatiques : “Une bombe tombe près de Bécharprez, ébranle notre maison, fait sauter plusieurs carreaux de la cuisine et, de peur, Mlle Marthe Mahaux plonge sous la table de la cuisine aux grands éclats de rire de toutes les personnes qui travaillaient là.”

Pendant ce temps, Joseph Mahaux pétrissait la pâte dans la cave de la petite maison, et il fallait remonter la remonter pour la cuire dans le four de la ferme. C’était le travail de Jean, qui avait trouvé le moyen de remonter deux masses à la fois en les transportant sur des cherbins. Pour s’approvisionner en farine, Joseph allait jusqu’au moulin de Rochelinval, de nuit, avec une brouette, accompagné de Florent Meyer, meunier dudit moulin, qui était lui aussi réfugié à Farnières. Ils devaient se cacher, par crainte des allemands.Boulangerie-Pâtisserie Mahaux

“Le samedi 6 janvier, les allemands avaient fait cuire du beau pain blanc avec de la farine américaine, par Mr Mahaux, dans le four de la ferme…” Mais ils ont du partir précipitamment, si bien que le chroniqueur conclut avec un brin de satisfaction, comme s’il s’agissait d’une mini victoire : “on le mangea ce soir là à leur santé !”. Jean, qui raconte lui aussi cet épisode, ajoute qu’une autre fois, ce sont les américains qui ont fait cuire du pain avec de la farine allemande.

On raconte encore que les Mahaux élevaient un cochon dans leur cave. Ils ne voulaient surtout pas le laisser aux allemands, et ils sont descendus avec un camion américain pour aller le chercher et le ramener à Farnières. Où il a plus que probablement fini dans les estomacs des réfugiés ! …

La famille Mahaux fut une des dernières à quitter Farnières. Et pour cause, la maison familiale était détruite. La chronique note le 23 janvier, que “M. Abeloos, avec le cheval, va rechercher les affaires de la famille Mahaux.” Une photo montre Lucie avec le dit cheval et la charrette. Photo 22 janvier 45 Puis, succinctement, le 6 février : “Les soldats nettoient les alentours de la maison et donnent des vivres. M. Mahaux rentre.” Et encore, le 21 février : “la famille Mahaux rentre.”

Dès avant la guerre, Georgette Mahaux, l’aînée, était entrée chez les sœurs salésiennes. Jean Mahaux raconte que le Père Marichal, qui était l’économe de la communauté au moment de l’offensive, a donné à Marthe un livre sur Sainte Elisabeth de la Trinité. Elle n’avait pas très envie de le lire, mais elle l’a fait, et elle a été captivée ; elle est devenue carmélite à Rochefort. Marguerite est entrée chez les sœurs de Charles de Foucauld.

La jeune génération est aussi riche en souvenirs liés à Farnières. Michel, fils d’Ephrem, rappelle que la famille a préparé des banquets à l’occasion de grandes fêtes au château, du temps du Père Delacroix. Il ajoute avec un sourire qu’à 17 ans, il conduisait la camionnette et venait livrer le pain à Farnières… Le gendarme se contentait d’en faire la remarque aux parents.

Aujourd'hui, la boulangerie Mahaux arbore le titre de Maître boulanger-pâtissier. Une fierté pour cette famille salmienne où l’on est boulanger de père en fils ou en fille depuis trois générations. Lire la suite ICI.